Inversion de l'inversion : Pour « Jim Queen »
Sorti en salle le 17 juin, le premier long métrage de Nicolas Athané & Marco Nguyen est une fable d'une grande intelligence visuelle, sexuelle et politique.
Je connais mal le cinéma d’animation. De la culture gay, je ne suis pas non plus très familier. J’ai beau ne pas accepter l’idée qu’on doive écrire en spécialiste, il y a tout de même des sujets et des formes sur lesquels on est plus ou moins à l’aise – plus ou moins « légitime ».
En l’occurrence je choisis de passer outre. Pourquoi ? J’ai vu Jim Queen, le premier long métrage réalisé par le tandem Nicolas Athané & Marco Nguyen, il y a une huitaine de jours. Non seulement il m’a beaucoup plu – et fait beaucoup rire –, mais je ne cesse d’y repenser depuis.
Mon sentiment est que ce film repose en grande partie sur une opération que je crois précieuse, voire centrale, d’un point de vue à la fois cinématographique et critique. Or cette opération – il n’y a pas de hasard – touche précisément à la question de la légitimité. Ou comment s’en libérer. On comprendra donc que je me risque, pour une fois, à sortir de ma « zone de confort » (argh, je m’étrangle).



